Je veux votre fille
Mon visage peut vous être inconnu et ma plume étrangère. Mais je veux que vous preniez le temps de me lire, et moi, je vous donnerai le temps de digérer.
Quand je l’ai vue, elle paraissait timide et sans défense. J’avais du mal à l’approcher car elle était toujours entourée de ses amis. J’étais comme un sniper qui guettait sa cible,je ne la laissais jamais du regard. J’étais toujours sur le balcon, devant ma salle de classe, à la regarder sur la cour,à l’entendre rire à gorge déployée, à admirer sa démarche. Si ,vous avez bien lu,sa démarche… On dirait un ange qui se promène au milieu des communs des mortels… Magique…Mais j’ai tout de suite senti qu’il lui manquait quelque chose, de l’amour … Et je suis devenu ce manque, je suis devenu cet amour
Car un jour, la vie m’a souri. Elle était seule, devant une marchande de glace près du théâtre national, au champ-de-mars. Mais je ne pouvais pas croire qu’elle était vraiment esseulée, et pour m’en assurer je cherchai sa troupe aux alentours. Confirmation faite, je me suis approché d’elle et commanda une glace. Pourtant je n’aime pas la glace…Je pris une saveur identique à la sienne et j’utilisai ce prétexte pour être le sujet de la conversation. L’entendre parler était comme un morceau de Mozart qui résonnait à mon oreille,elle était charmante. Et ce fameux coin de glace devint notre paradis et ce jour était le début d’une histoire.
Elle n’était plus une inconnue,elle était mienne après quelques mois. Elle souriait maintenant quand je la regardais, elle abandonnait parfois ses amis pour aller à la cafétéria de l’université avec moi et parfois pour sortir, elle vous mentait… Au début je n’avais aucun problème avec le fait qu’elle vous mente, mais au fur et à mesure je me sentais coupable . Certes je la rendais heureuse chaque fois qu’elle venait me voir, mais j’ai senti que vous étiez en train de perdre votre fille. Il y a ce fameux jour où vous avez perdu votre femme, et elle sa mère, j’étais là parce que si vous vous ne pouviez pas vous consoler,comment l’auriez-vous consolée? Je n’étais plus seulement un petit ami, mais un futur mari, votre futur gendre…
Vous mentir en disant qu’elle avait des cours le soir pour finir dans mes bras le lendemain, c’était un rêve. Mais j’en ai eu assez lors des funérailles de votre femme, où je vous ai été présenté comme un ami. Moi, un ami? Je veux être bien plus que ça, je suis son homme. Mais que disais-je,tout le monde le savait déjà … sauf VOUS… Vous étiez parfois notre sujet de conversation, vous étiez parfois l’homme qui passait avant moi, vous étiez la voix qu’elle écoutait le plus, vous êtes notre obstacle. Je ne suis en aucun cas jaloux de vous, après tout qu’est-ce qui peut effacé l’amour d’un père? Rien. Fallait que vous sachiez que vous n’étiez pas le seul homme dans sa vie.
La rencontrer reste et demeure la meilleure chose qui m’est arrivée dans la vie. Elle m’a apporté du bonheur,elle m’a apporté des rires, elle m’a apporté de l’amour ,elle m’a apporté de la confiance, elle m’a aussi apporté des larmes. Et je vis toujours avec un manque, votre bénédiction. Vous jugeriez peut-être l’insolence ou l’arrogance de l’homme amoureux que je suis ,mais vous comprendrez ma position. Mon vœu est unique, mon désir immense. JE VEUX VOTRE FILLE
Votre futur gendre,l’éternel amour de
votre fille. HIMLER
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